Homéopathie : questions fréquentes, folklore et réalité.



      1. Ma voisine à pris le remède Untelium CH 5 pour son mal au dos. Est-il indiqué pour moi aussi ?

     Le plus probable, non. Le principe « il n’y a pas de maladies, il y a des malades » trouve sa pleine force en homéopathie. Si 100 patients ayant une fièvre consultent leur médecin, il est probable que tous les 100 recevront une ordonnance avec du Doliprane. Eh bien, en homéopathie ce n’est pas comme ça que ça marche. Il se peut même qu’ils reçoivent 100 médicaments différents. Une fièvre qui monte le matin n’est pas comme une fièvre qui monte le soir. Chez un, la fièvre est accompagnée de sueurs, chez un autre la fièvre est sans sueurs. L'un est amélioré s'il boit des liquides du frigo, pour l'autre cela est un facteur d'aggravation. Ce sont ces contextes particuliers qui changent tout dans le choix du remède.

      2. Le médecin d’avant me prescrivait 15 remèdes sur une ordonnance, tendis que vous, docteur, vous m’avez prescrit un seul !

     C’est parce que le médecin d’avant était pluraliste, tendis que moi, je suis uniciste. Il y a deux écoles en homéopathie. Un peu comme dans la politique : les pluralistes d’un côté de l'Assemblée, les unicistes de l’autre. En théorie, tous les homéopathes tombent d’accord sur le point que « un seule remède à la fois » c’est l’idéal de l’homéopathie, en pratique il y a des uns plu pragmatiques et des autres plus idéalistes…

     3. J’ai entendu que les remèdes homéopathiques n’ont pas d' effets indésirables. C’est vrai ?

     C’est vrai pour les basses dilutions. C’est discutable pour les dilutions moyennes, c’est faux pour les hautes et très hautes, qui peuvent donner ce qu’on appelle « pathologie de remède ». Par conséquent, il est sage de ne pas prendre, sans ordonnance, aucun remède ayant une dilution supérieure à 5 CH (même si la loi permet de le délivrer sans ordonnance).

     4. Il est vrai que tous les médicaments homéopathiques doivent être pris en dehors des repas ?

     Vrai. À la différence de la plupart des médicaments allopathiques (comme le Doliprane sus-cité) qui doivent être pris pendant ou après les repas ou bien où cela n'a pas la moindre importance, TOUS les médicaments homéopathiques doivent être pris en dehors des repas, cela étant essentiel pour le succès du traitement.
     Plus exactement, cela veut dire qu'il faut prendre le médicament homéopathique à au moins une heure après le dernier repas et au moins une heure avant le prochain et que, dans cet interval de deux heures, il ne faut rien introduire dans la bouche (y compris gomme à mâcher, brosse à dents, cigarette, alcool, jus de fruits). À une seule exeption près : l'eau. Si on a soif pendant ces deux heures, on peut boire de l'eau. Même dans ce cas, ce qui est permis c'est l'eau de source (ou de robinet...), non pas l'eau avec des boulles.
     Les plus grands ennemis de l'effet des médicaments homéopathiques sont le camphre, le café et la menthe. Il serait souhaitable que ceux-ci ne soient pas utilisés ou consommés du tout le jour où on prend ses granules. Comme la plupart des pâtes dentifrices contiennent de la menthe, on peut aménager la toilette des dents. Il y a des pâtes dentifrices spécialement conçues pour ces cas, comme Homéodent par exemple. Le brossage avec du sel ou bien avec du bicarbonate reste une très bonne alternative.

     5. Il est vrai que les médicaments homéopathiques sont incompatibles avec les médicaments allopathiques ?

     C'est faux. On peut prendre, au long d'un même jour, les deux. S'il n'y a pas d'associations contre-indiqués entre le traitement homeopathique et le traitement allopathique, cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas d'intéractions. C'est pourquoi il est important que votre médecin homeopathe sache quels médicaments vous prenez actuellement (y compris médicaments pour dormir, pour se détendre, pilule...) afin d'aménager son traitement. Plus particulièrement les médicaments psychoactifs et les hormones imposent un aménagement du schéma homeopathique.

     6. J'ai entendu parler que dans certains cas le traitement homeopathique peut aggraver la maladie. Vrai ou faux ?

     Faux. La seule chose vraie est qu'il y a des cas où le tratement homéopathique aggrave certains symptômes en tant qu'expression de la maladie, non pas la maladie en elle-même. Mais ce que nous, les homéopathes, appelons « aggravation homéopathique » est un sujet à part entière, digne d'un article futur. Pour le moment, côté pratique, il est important de noter s'il y a des symptômes qui se sont aggravés, quand exactement (=après combien de temps depuis la prise) et combien cela a duré, tout comme tout autre changement de la symptômatologie. Pour votre médecin, le pire n'est pas quand l'état est dans une dynamique, mais quand rien ne change. Quand après le traitement tout est pareil comme avant c'est le signe sûr que le traitement n'a pas agi. Autrement dit, probablement qu'il s'est trompé...

     7. J'ai un prescription pour Granulium CH 15, mais je n'ai pas trouvé à la pharmacie du coin que Granulium CH 5, puis-je substituer ?

      Négatif ! En homéopathie, la dose c'est la dilution. En allopathie ce n'est pas la même chose si on prend à la foi un comprimé de Doliprane ou dix comprimés de Doliprane. Mais en homéopathie ce n'est pas si important combien de granules on met sous la langue. Ce qui compte vraiement est à quelle dilution sont ces granules.

dr. M.D., le 5 septembre 2022